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Vieux téléphone beige à cadran posé sur un bureau blanc.

Départ anticipé

Évier en inox avec robinet mélangeur sur plan de travail
Tuyau blanc enroulé sur un sol carrelé industriel.
Escalier intérieur carrelé avec rampes vertes.
Couloir vide et bureau quitté avec porte ouverte.
Vannes industrielles et pistolet de gonflage en atelier.
Bureau vide vu à travers une cloison vitrée.
Vieux téléphone beige à cadran posé sur un bureau blanc.
Diable de manutention jaune dans un local industriel.
Atelier industriel vide avec machines et poste de travail.
Dossiers administratifs classés dans une étagère de bureau.
Équipement de laboratoire et dossiers sur un plan de travail
Couloir industriel avec escalier et bordures jaunes.

Avec Départ Anticipé, je propose une réflexion sur ce que laissent derrière elles les transitions industrielles, sur ce qui persiste quand l’activité se retire mais que les lieux demeurent. La réalité brutale d’une rupture.

 

Dans les couloirs de S20 Industries en 2018, l’usine fonctionnait encore à la fois pour Brandt, d’autres donneurs d’ordre, et pour les tout premiers prototypes du mini-lave-vaisselle Bob, développé par Daan Technologies. Une cohabitation industrielle brève, témoin d’un moment suspendu entre héritage et mutation.

 

Car l’histoire de cette usine n’est pas seulement faite de production. Elle est aussi marquée par la lente érosion de son rôle central. À son apogée dans les années 1990, elle faisait vivre plus de 2000 personnes, incarnant une promesse de stabilité, de savoir-faire local, d’ancrage. La délocalisation progressive de ses activités, notamment vers l’étranger, a fissuré cette promesse, rendant visible une mécanique plus vaste, plus froide — celle des choix économiques à distance, aux conséquences très concrètes.

 

Les images réunies dans Départ Anticipé invitent à ressentir cette tension : entre activité encore présente et départ déjà amorcé. Elles interrogent la manière dont les lieux absorbent les gestes, les routines, les absences.

 

Cette exposition n'est ni nostalgique ni accusatrice. Elle explore plutôt un état de bascule, ce moment où l’on sent que quelque chose s’achève. Un instant où le territoire du travail, au-delà de sa fonction économique, devient un espace de mémoire, de politique, et de fragilité humaine.

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